dimanche 1 septembre 2013

1 semaine sans ma fille....

J'ai été "interné" car c'est le cas de le dire.
Je suis restée 72h dans le service des urgences psychiatriques du CHU de Bellepierre.
Le premier soir, j'étais arrivée sans aucun vêtement de rechange, ni brosse à dent ni rien. Je suis arrivée comme ça, avec toute la détresse de mon monde, stressée en même temps de savoir que je ne dormirai pas avec mon Homme et je ne verrai pas ma fille.
Les infirmiers m'ont accueillis avec une douceur extrême. Je crois qu'ils sont habitués à mon cas. D'ailleurs le lendemain, j'ai su qu'une autre jeune maman était là aussi pour la même raison: dépression du post partum.
Ils ont réussi à me trouver un plateau de repas, que j'ai picoré et ils m'ont donné mes médicaments: du Xanax (un anxiolytique) et du Tertian (un neuroleptique). Je me rappelle avoir demandé à l'infirmier si ça allait faire effet pour que je puisse enfin dormir. Il m'a dit "ne luttez surtout pas contre le sommeil car sinon vous aurez du mal à dormir". J'avais quand même galérer pour dormir mais je ne me suis pas réveillée de moi même le lendemain matin, c'est eux avec le petit déjeuner qui sont venus m'ouvrir les yeux. J'étais reposée mais toujours aussi mal dans ma peau.
Les jours qui suivent, les repas ont toujours du mal à passer mais je dors, je ne fait que ça d'ailleurs. Ils me shootent tellement que je suis à peine consciente des heures et des jours.
Après 72h je suis transférée dans un autre service, j'ai enfin une chambre lumineuse et je demande à avoir une dose moins forte de neuroleptique.
Au bout de la 6e jour, ils ne pouvaient plus me garder et me proposait d'aller à la clinique des Flamboyants, à 15 bornes de là, donc encore plus loin de ma famille (qui venait me voir tout les jours). J'ai accepté car le médecin avait insisté sur le fait qu'il fallait consolider ce qu'ils avaient fait.
Une ambulance m'a emmené dans cette clinique. Au premier abord, tout était beau, le hall d'entrée moderne, un jardin magnifique et très grand, un personnel très sympa, et une cafét' pas mal du tout.
Jusqu'au moment où l'infirmier m’emmène dans la chambre qui était censée être la mienne.
et là il ouvre la porte: patatra!!!!

Il faisait noir car les rideaux étaient tirés et quand, enfin, une lueur perce cette chambre si sombre, je vois une dame d'une cinquantaine d'années avachie dans son lit, le décor me fait penser aux chambre de bonnes soeurs dans les couvent avec des rideaux et couvertures d'un bleu foncé horrible, des lits et meuble en bois d'un ancien temps (qui aurait pu être sympa mais non).
Ma première pensée fut: "je ne suis pas à ma place, ma fille a besoin de moi".
Je voulais rentrer, je voulais être avec ma fille, la serrer dans mes bras, lui faire des câlins, lui donner son bain, la nourrir. Ce fût le plus beau déclic de toute ma vie.

j'ai appelé mon père, je lui ai dit que je voulais rentrer tout de suite. Je veux être à la maison. Il était très content.

Quand j'en parle à l'infirmier, il n'était pas du tout aussi enthousiaste que mon père. Il m'a carrément dit qu'on en discuterait le lendemain avec mon médecin référent car ils n'étaient plus là et qu'il fallait que je réfléchisse. Mais c'était tout réfléchi: je ne veux pas rester dans cet endroit sordide. Surtout quand je vois les autres patients qui eux sont complétement à côté de la plaque, qui ont fait plusieurs tentatives de suicides, qui sont à moitié dérangés. ce n'est bine sûr pas de leur faute mais je n'étais pas à ma place.
Et d'autant plus quand j'ai vu que c'était le même menu midi et soir, c'était le coup de grâce.

Le lendemain, j'étais sur le pied de guerre, mes affaires étaient prêtes après une douche que j'ai prise avec beaucoup de précaution (ma voisine de chambre m'ayant prévenu qu'elle a déjà faillit tomber plusieurs fois dans la douche), je suis allée voir l'infirmier pour lui dire que je voulais m'entretenir avec le medecin pour pouvoir partir dans la matinée.

C'était une dure bataille! Je les soupçonnais de vouloir me garder surtout pour des raisons financières (j'ai vu afficher les tarifs ouch). J'ai dû signer une décharge pour pouvoir partir.

Celle qui me ramenait à ma fille.

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